Bulletin n°49 septembre 2014

Prélèvements automatiques : 5 mois après notre première alerte, SEPA terrible !

Après avoir alerté en janvier des nombreux risques liés à la mise en place du SEPA, qui remplace l’autorisation de prélèvement automatique, depuis le 1er août, l’UFC-Que Choisir a revu les sites internet de 128 banques pour évaluer la qualité de l’information délivrée aux clients sur ce sujet. Face au manque persistant d’information sur les mécanismes de sécurité et sur les frais, l’UFC-Que Choisir 91 Nord rappelle aux consommateurs ses recommandations de prudence et met à disposition des consommateurs ses outils préventifs (pour éviter les fraudes) et curatifs (pour obtenir le remboursement des sommes fraudées).

Une information qui passe l’essentiel sous silence : des frais illégitimes omniprésents. Si le nombre de sites délivrant une information suffisante pour les « Particuliers » a doublé (54,7% contre 25,6% en janvier), c’est, à trois semaines de l’échéance, près de la moitié des banques qui taisent les principaux enjeux du SEPA à leurs clients ! De même, moins du tiers (30,5%) des banques mentionnent sur leurs sites internet la possibilité de mettre en place des listes permettant de sécuriser les comptes bancaires.

Dans les brochures, comme en janvier, seules 2 des 128 banques étudiées indiquent les listes sécurisées, les autres banques mentionnant les listes sur leur site n’en révèlent pas le coût dans leurs brochures, entraînant ainsi un risque de tarification arbitraire. De même, 19 banques, principalement du Crédit Agricole, facturent, pour 5,2€ en moyenne par courrier, des frais d’information avant le passage d’un 1er prélèvement SEPA. En total doublon avec l’obligation d’information gratuite du client par les fournisseurs, déjà prévue par le SEPA ! Ce pseudo service est d’autant plus illégitime qu’il n’est pas choisi, mais imposé aux clients. Parallèlement, alors que les banques ne gèrent plus les mandats, 37 banques – autant qu’en janvier – continuent de facturer la mise en place (8,5€ en moyenne), et 39 banques le retrait de consentement (14,5€ en moyenne), alors qu’elles n’ont plus la main ni sur l’une, ni sur l’autre.

Fraudes : le préventif aux abonnés absent, l’UFC-Que Choisir 91 Nord rappelle l’existence du curatif protecteur. Cette absence d’information est d’autant plus néfaste que le SEPA renforce la nécessité pour le consommateur de surveiller ses comptes. Dans cette optique, la mise en place de listes « blanches » ou « noires » est le seul moyen fiable de bloquer automatiquement le passage de prélèvements non-sollicités, et devrait être promu par les banques comme le premier moyen de prévention des fraudes. Or, et alors que la promotion de ces outils est une obligation issue du SEPA, les banques restent réticentes à leur mise en place, pourtant indispensable à la sécurité de leurs clients. Le remboursement à posteriori par la banque, toujours possible, doit être fait au consommateur et reste répercuté sur l’ensemble des consommateurs via l’inflation des frais bancaires.

Face à la mauvaise volonté des banques à informer les consommateurs de leurs droits à sécuriser leurs comptes et aux manipulations tarifaires constatées, l’UFC-Que Choisir de 91 Nord :
- Incite de nouveau les consommateurs à bien surveiller leurs comptes bancaires et à mettre en place des listes noires et blanches de prélèvements pour limiter les risques de fraude.
- Met à disposition des consommateurs son kit « SEPA, les bons réflexes, comprenant notamment :

  • Ses lettres-types pour demander la mise en place de « listes blanches » et « listes noires » permettant d’empêcher le passage de prélèvements frauduleux.
  • Sa lettre-type pour demander le remboursement immédiat et intégral des sommes dérobées via un prélèvement frauduleux.

http://www.quechoisir.org/argent-as...


Démarchage : nous sommes tous vulnérables

Face au démarchage à domicile ou téléphonique, nous sommes tous vulnérables. Les raisons sont multiples et la volonté prédatrice des sociétés qui utilisent ces méthodes est aussi redoutable que la sophistication des techniques mises en œuvre pour parvenir à leurs fins. Deux exemples en diront plus qu’un long discours.

Démarchage téléphonique

L’opérateur qui vous appelle est parfaitement préparé, serein à son bureau. Sa seule crainte est de ne pas atteindre le chiffre d’affaire fixé par son responsable "sorte de garde chiourme moderne". A cet instant vous avez d’autres soucis, vous n’êtes pas disponible, peut-être pressé par le temps ... bref vous êtes en situation vulnérable, et votre souci est d’abréger la conversation imposée. Pour ce faire vous acceptez de recevoir une documentation. Le démarcheur s’engouffre dans la brèche, envoie un contrat et la société se soucie peu qu’il soit signé ou non. Elle engage un processus dont vous aurez du mal à vous dépêtrer.

Démarchage à domicile, couplage offre de service et financement par crédit(s).

Les situations multiples peuvent se combiner à l’infini. Voici l’exemple d’un enchaînement diabolique :

• Une entreprise, honnête ou pas, propose ses services ou son savoir faire supposé. Cela peut concerner n’importe quel corps de métier.

• La dite entreprise a un lien quelconque avec une société de crédit à la consommation, qui lui permet de proposer des crédits pour un montant plafonné (ou pas). Un peu de semblant de sérieux ne nuit pas, le plafond est supposé garantir que les situations sont contrôlées.

• Des démarcheurs, sympathiques et joviaux a priori, visitent des clients potentiels sélectionnés. Les critères de sélection sont simples : solitude, isolement, âge, ou tout autre élément rendant la personne vulnérable.

• Le démarcheur propose surtout des travaux dont il a pu constater facilement le bien fondé (peinture, ravalement, nettoyage de toit, traitement de charpente, etc.), ou l’envie après un peu de discussion.

• Pas de problème de financement grâce aux petits crédits. On signe, les travaux sont entrepris. Il peut même arriver que certains chanceux puissent les réceptionner sans réserve grâce à une exécution correcte. Ce n’est hélas pas toujours le cas.

Le piège est alors dans les crédits qu’il faut rembourser. Ils ont été fragmentés en autant de crédits séparés que nécessaire, chacun affecté à un poste particulier de la commande. Lors de la commande, le démarcheur commercial s’est bien gardé d’évoquer la somme totale à rembourser mensuellement. Le piège est refermé.

La conséquence peut être dramatique, allant jusqu’au surendettement. Une action en justice peut être lourde à suivre, et lourde de conséquences. On a vu au moins un cas où la défense de la personne piégée a entraîné la demande de sa mise sous protection judiciaire (curatelle ou tutelle).

La seule arme préventive est la vigilance. Conseillez, re-conseillez la prudence à tous ceux que vous connaissez et plus particulièrement ceux qui sont susceptibles d’être pris pour proie. Ne pas signer, ou si vous signez, demandez vite conseil. Vous pouvez vous rétracter, annuler cette commande, dans les sept jours qui suivent la date de la signature.

Face aux agressions, unissons nous, soyons prudents, soyons de bon conseil … et bon vent à tous.

JL Avehesse


Avion : vol manqué, taxes remboursables !

La règle existait déjà, mais la grande loi Consommation, adoptée il y a quelques mois, est venue la conforter. Les compagnies aériennes doivent rembourser à leurs clients les taxes et redevances attachées à un billet non utilisé. Les frais qu’elles peuvent réclamer à cette occasion sont en outre encadrés.

Depuis longtemps déjà, les compagnies aériennes sont tenues de rembourser aux passagers les taxes et redevances (perçues pour le compte de l’aéroport, l’administration de l’Aviation civile, les services de sécurité et sûreté…) dès lors qu’ils n’ont pas pu prendre leur vol. Dans les faits, une grande majorité de clients omettent toutefois d’adresser une telle demande au transporteur. Et lorsqu’ils le font, très fréquemment, la compagnie leur facture des frais de dossier… dont le montant est égal – à quelques euros près – à celui des taxes et redevances remboursables. Une réalité qui agace fortement les passagers si l’on en croit les témoignages reçus sur ce thème à « Que Choisir ».

La situation devrait évoluer dans un sens plus favorable avec la grande loi consommation adoptée en mars dernier (loi dite « Hamon »). L’article L.113-8 du code de la consommation issu de ce texte rappelle tout d’abord clairement le principe du remboursement des taxes et redevances individualisées et affichées comme telles sur le billet. Une règle qui s’applique même si ce dernier est non échangeable et/ou non remboursable.

Surtout, ce même article encadre les frais qui peuvent être réclamés par la compagnie (ou par l’intermédiaire qui a vendu le billet). Si la demande de remboursement est effectuée en ligne, l’opération est gratuite. Dans les autres configurations (la requête du passager pouvant être déposée par courrier, en boutique…), la compagnie peut percevoir des frais de dossier limités à 20 % du prix total du billet. De plus, les possibilités et modalités de remboursement doivent être précisées dans les conditions générales.

Le non-respect des obligations prévues par cette loi expose son auteur à une amende comprise entre 3 000 et 15 000 €.

D’après Que Choisir


Renégocier son prêt immobilier.

Vous avez souscrit un crédit immobilier à un taux moins avantageux que les taux actuels et vous voudriez bien profiter de cette baisse. Que faire ? Deux solutions s’offrent à vous :

1. Vous pouvez essayer de discuter avec votre banquier en vue d’obtenir une révision de votre taux. Si vous êtes un excellent client, avec un endettement raisonnable, votre banque consentira peut-être un petit geste, c’est-à-dire une diminution de votre taux de 0,5 %, tout au plus. Vous signerez alors un avenant à votre contrat de prêt. Mais les banques acceptent rarement cette solution : en effet, elle les oblige à rogner sur leur marge. Or, les accords de "Baie III" les obligent à conserver des marges confortables pour atténuer les risques de pertes. De sorte que, même si les emprunteurs sont rares (-34 % entre septembre 2011 et septembre 2012), les banques préfèrent voir partir certains clients plutôt que de renégocier avec eux.

2. La seconde solution est, de loin, la plus couramment proposée : le rachat de crédit proposé par un courtier en crédits, est un financement souscrit par le biais d’une autre banque que la vôtre. Cette formule permet aux banques de capter de nouveaux clients ; elles vérifient si l’emprunteur a honoré ses échéances et s’assurent que le logement n’a pas perdu de sa valeur. Elles sont même en concurrence pour racheter des crédits à des taux très intéressants, sur un marché qui conserve un grand potentiel pour les courtiers. Toutefois, un courtier ne peut racheter le prêt s’il l’a lui-même consenti initialement.

Racheter un crédit est-il toujours rentable ? Une étude de cas s’impose. De fait pendant le premier tiers du remboursement, le gain est substantiel, car c’est le moment où les intérêts sont les plus lourds, l’amortissement du capital étant assez lent. Le rachat est bien moins judicieux si le crédit est déjà bien avancé dans le temps. Dans le cas de prêts très longs, les gains peuvent être considérables : plus de 11 000€ gagnés si vous avez emprunté 200 000€ sur 25 ans et que vous rachetez votre crédit avec un taux inférieur de 0,80% par rapport au taux initial. De même, plus le montant est élevé, plus l’économie procurée par le rachat sera importante. Votre étude analysera donc trois paramètres :

  • l’écart entre le taux initial et le taux obtenu auprès du courtier ;
  • la durée du crédit ;
  • le montant du capital qu’il vous reste à rembourser. En pratique, le rachat n’est valable que si le taux négocié est de moins 0,80% par rapport au taux de départ.

Il faut savoir que des frais vont peser sur les gains apparents. Tout d’abord, les pénalités de remboursement anticipé s’élèvent à six mois d’intérêts, dans la limite de 3% du capital restant dû (art. L 312-21 du Code de la Consommation). Des frais de dossier, facturés par la plupart des banques à 1 % du capital emprunté, s’ajouteront également. Une nouvelle garantie sera exigée par la banque et donc ce cautionnement sera de 1500 à 2000€, voire plus. Enfin, l’assurance-décès, obligatoire, est d’un montant variable selon l’âge et le profil de l’emprunteur.

(http://www.quechoisir.org/argent-as...).

Étudiez la question du rachat comme de la renégociation. En effet, les taux des prêts immobiliers ont rarement été aussi bas. Mais les prêts à taux révisables dans le cadre de rachats de crédits hypothécaires restent risqués. En décembre 2012, Que Choisir alertait les éventuels emprunteurs sur les risques liés au taux révisables des crédits immobiliers, en particulier dans le cadre de rachats de crédits. Même si l’indice sur lequel sont fixés ces taux était très bas, les variations de taux constituent pour l’avenir un risque insuffisamment maîtrisé.

Certes, deux amortisseurs sont prévus : les mensualités ne peuvent pas augmenter plus rapidement que l’inflation ; le surplus d’intérêts se reportera à la fin du crédit ; ce qui allongera sa durée, avec une augmentation limitée à un tiers de la durée initiale. Personne ne peut garantir que l’indice ne remontera pas, ni que l’inflation n’augmentera pas non plus. Une solution pour limiter les risques est l’application d’un cap au taux d’intérêt : ce dernier n’est alors révisable qu’à l’intérieur d’une certaine limite (à la hausse comme à la baisse). Ce cap peut être de 1%, 1,5% ou 2%. Un taux capé est donc une garantie valable, à défaut d’un taux fixe.

Attention, ne confondez pas taux d’intérêt capé (ou plafonné) et mensualité capée (ou plafonnée) Dans le second cas, le montant à payer mensuellement sera bien limité, mais le surplus sera payé en rallongeant le crédit. Seul le premier cas permet de connaître à la signature du contrat le montant total du crédit et sa durée . Optez donc pour un prêt à taux capé, sauf si vous êtes en attente de la revente de votre logement dans un avenir très proche ou si vos revenus vont augmenter sous peu.

Provence conso


Assurance emprunteur : le remboursement toujours pas à l’ordre du jour.

L’assurance emprunteur ayant été surfacturée pendant des années, de nombreux consommateurs se demandent comment se faire rembourser. Une question à laquelle personne, hélas, ne peut répondre aujourd’hui. Décryptage.

Dans de nombreux pays d’Europe, l’assurance emprunteur liée aux crédits immobiliers ou à la consommation a été massivement surfacturée aux clients pendant des années. Au Royaume-Uni en particulier, le scandale a éclaté en 2007. Suite à une action engagée par la Financial Services Authority (FSA, le gendarme du secteur financier), les banques ont dû admettre les surfacturations et s’engager à rembourser. En sept ans, elles ont reversé à leurs clients plus de quatorze milliards d’euros !

En France, le cadre juridique est différent, mais le problème et les ordres de grandeur sont identiques. Selon les estimations de l’UFC-Que Choisir, sur la période 1995-2007, les assureurs et les banques se sont partagé quelque 15 milliards d’euros de bénéfice indus, soit 1 500 € en moyenne par emprunteur, voire le double ou le triple dans certain cas. Répondant à une action en justice engagée par l’UFC-Que Choisir, le Conseil d’État a rendu en juillet 2012 un arrêt qui ouvre la voie à une indemnisation. Pour être plus précis, le Conseil a annulé un article du code monétaire et financier (article L. 331-3), considérant qu’il était illégal, donc non applicable. Conséquence, les banques et les assureurs devraient payer.

Voilà pour les bonnes nouvelles. Passons maintenant aux mauvaises. La principale est que les pouvoirs publics n’ont absolument pas appuyé dans un sens favorable aux consommateurs dans ce dossier. Suite à l’arrêt de juillet 2012, la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) avait rétorqué qu’il n’existait pas de droit individuel à la participation aux bénéfices, et donc pas de possibilités de remboursement. L’excédent de participation aux bénéfices (il existe, admet la FFSA) est reversé par les assureurs… aux banques, car ce sont elles qui prennent des contrats de groupe au nom de leurs clients ! Réponse inadmissible selon l’UFC-Que Choisir mais attendue : la FFSA défend les intérêts du secteur financier. Ce qui est peut-être plus étonnant est que l’État et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), entité administrative indépendante, se sont alignés sur cette position. Pour l’ACPR, il n’y a pas de droit individuel au remboursement.

Dans ce contexte difficile, l’UFC-Que Choisir utilise le dernier outil à sa disposition, l’action judiciaire individuelle. Elle a engagé deux procédures aux côtés des consommateurs. Les dossiers sont en cours d’examen devant le tribunal de grande instance de Paris. Aucun jugement n’est attendu avant la fin de l’année 2014.

Ne pouvant présumer de la décision qui sera rendue, et afin d’éviter aux consommateurs de subir les aléas d’une procédure individuelle longue et coûteuse, l’UFC-Que Choisir ne peut prendre le risque de les inciter à agir dès maintenant en justice. Des avocats et des sites Internet le font en ce moment, avec un succès médiatique indéniable. Le côté positif de leur démarche est de donner du retentissement au scandale de l’assurance emprunteur. Peut-être à cause de sa technicité, il a été pour le moment sous-médiatisé. Le moins bon côté de leur action serait de faire naître des espoirs infondés chez les consommateurs. Rien aujourd’hui ne permet de dire que les banques et les assureurs restitueront un jour, contrairement à l’Angleterre, les sommes colossales indûment encaissées.

D’après Que Choisir


Comptes bancaires inactifs et assurance-vie en déshérence : vers plus de protection des bénéficiaires.

La loi concernant les comptes bancaires inactifs et les contrats d’assurance-vie en déshérence, destinée à rendre plus efficace la recherche des bénéficiaires (ayants droit notamment), a été publiée au Journal officiel du dimanche 15 juin 2014. Elle doit entrer en vigueur au 1er janvier 2016 (sauf exceptions).

Elle oblige les banques à rechercher les titulaires de comptes décédés par le biais d’une consultation annuelle du répertoire national d’identification des personnes physiques (RNIPP) tenu par l’Institut national de la statistique et des études économiques. Ces établissements devront également publier, chaque année, le nombre de comptes inactifs et le montant total des dépôts et avoirs inscrits sur ces comptes. Ce texte prévoit aussi le transfert de ces comptes inactifs à la Caisse des dépôts et consignations (CDC), à l’issue d’un délai de 3 ans en cas de décès du titulaire du compte ou à l’issue d’un délai de 10 ans suivant le début de la période d’inactivité du compte.

Par ailleurs, cette loi renforce les obligations des compagnies d’assurance sur les contrats d’assurance-vie non réclamés. Elle prévoit de transférer à la CDC des contrats d’assurance-vie non réclamés à l’issue d’un délai de 10 ans à compter de la date de prise de connaissance par l’assureur du décès de l’assuré ou à l’issue du terme du contrat.

Dans les deux cas, les bénéficiaires disposent de 20 ans (27 ans pour les comptes de personnes défuntes) pour se manifester auprès de la CDC. Au terme de ce délai, les sommes détenues par la CDC sont transférées à l’État.

www.service-public.fr


Pas de hausse de l’électricité en août ? Gare aux bonnes nouvelles en trompe l’oeil...

Si l’UFC-Que Choisir accueille avec une réelle satisfaction l’annonce de la Ministre de l’Ecologie d’effacer la hausse de 5% du tarif réglementé d’électricité prévue au 1er août, l’association appelle le gouvernement à la border juridiquement dans les plus brefs délais, par une réforme concertée de la méthode de calcul, pour éviter de nouveaux camouflets juridiques aux conséquences désastreuses pour les consommateurs.

En effet, l’annonce de la Ministre intervient alors que la méthode de calcul n’est toujours pas réformée et qu’aucune information n’a été donnée quant à sa teneur, ni même quant à son calendrier. Quand on voit le temps que la réforme de la formule du gaz a pris, il est à craindre que la réforme du calcul du prix de l’électricité, annoncée depuis des semaines, traîne en longueur.

Après les revers successifs sur les modérations et gels des tarifs du gaz ou de l’électricité annulées par le Conseil d’État et ayant entraîné des hausses rétroactives de tarifs pour les consommateurs, l’UFC-Que Choisir refuse que l’annonce du jour, faute de sécurisation juridique, subisse le même sort.

De même, alors que la révision de la formule du gaz s’était faite en concertation avec les associations de consommateurs, l’association demande qu’il en soit de même pour la réforme de la méthode de calcul du tarif réglementé de l’électricité et de ne pas limiter la concertation à la seule Commission de Régulation de l’Energie. Faut-il rappeler que les tarifs de l’énergie sont la première préoccupation des consommateurs, qu’aujourd’hui le calcul est beaucoup trop dépendant des seules données transmises par EDF dont les coûts salariaux et commerciaux ont été épinglés par la Cour des comptes ?

Au vu de ces éléments, l’association est dans l’attente d’un calendrier et des modalités de concertation autour de la réforme du calcul du tarif réglementé de l’électricité.

quechoisir.org


Bricolage : attention à l’installation d’appareils dangereux. (jurisprudence)

Publié le 03.07.2014 - Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre)

Le vendeur d’un appareil dangereux doit mettre en garde l’acheteur sur le respect des règles techniques d’installation et sur la nécessité de faire procéder à celle-ci par un professionnel ou une personne qualifiée. Il ne doit pas se contenter d’une simple information. C’est ce que vient de rappeler la Cour de cassation dans une récente affaire opposant l’acheteur d’un foyer clos (insert) à une société spécialisée dans la vente de ce type de matériel.

L’acheteur avait lui-même procédé à l’installation de l’insert. Un incendie, ayant pour cause les mauvaises conditions d’installation de l’appareil, s’était aussitôt déclaré et avait partiellement détruit l’habitation. La Cour d’appel avait déclaré le vendeur responsable du sinistre pour ne pas avoir mis en garde l’acheteur sur les règles techniques à respecter concernant la mise en place de l’appareil et la nécessité de recourir à un professionnel. Ce qui avait entrainé une installation défectueuse.

Le vendeur contestait la décision et soutenait qu’il avait rempli son obligation d’information en remettant au client une notice d’utilisation qui évoquait clairement les conditions d’installation et les dangers de l’appareil vendu. Ce n’est pas l’avis de la Cour de cassation pour qui, lorsque le bien vendu présente un danger, la simple remise avec celui-ci d’une notice d’utilisation ne suffit pas. Le professionnel doit mettre en garde tout particulièrement l’acheteur contre le risque couru.


État des lieux...attention !

Au cours d’une de nos permanences, nous avons reçu un couple d’adhérents qui nous a exposé les déboires rencontrés avec une agence immobilière de Palaiseau que nous désignerons par O (agence apparemment connue pour ses agissements). Voici l’affaire rapportée par nos adhérents :

« Nous avons établi un bail de location en janvier 2011 avec l’agence O. L’état des lieux entrant était pré-rempli, le tour de l’appartement a été très rapide, sans entrer dans les détails et le bailleur avait noté « bon état » partout. Lorsque nous avons eu les clés de l’appartement, trois jours plus tard, nous avons constaté un éclat sur le lavabo de la salle de bain, éclat forcément présent lors de l’état des lieux car nous n’y vivions pas encore .

Avant d’emménager, nous avons dé-tapissé la chambre pour peindre et nous avons découvert un mur dans un état d’insalubrité extrême, que nous avons remis au plus propre sans engager trop de frais. Huit mois plus tard, de la moisissure est apparue sous la fenêtre Nous avons envoyé un courrier recommandé au bailleur en lui demandant d’agir, ce qui a simplement entraîné deux visites de l’agence et d’un technicien, sans autre action.

Deux semaines avant notre départ, nous avons retapissé la chambre mais les tâches de moisissures sont immédiatement réapparues sur le papier peint. Lors de l’état des lieux sortant, le 18 décembre 2013, le bailleur a fait preuve d’une mauvaise foi extrême, pour lui l’appartement était en très mauvais état alors que nous l’avions retapissé 15 jours plus tôt. Un mois plus tard, nous avons reçu un courrier de l’agence qui nous réclamait la somme de 3000 € pour effectuer la réfection de tout l’appartement. Somme que nous n’avons pas payée mais nous avons donc laissé notre caution de 600 €.

Par la suite, nous avons appris que plusieurs voisins avaient été victimes de situations semblables. Le procédé utilisé par l’agence O serait toujours le même, l’état des lieux entrant est réalisé très succinctement avec une personne très aimable puis au moment de restituer l’appartement un nombre important de défauts, usures, etc sont notés »

Moralité : nous avons estimé que l’issue d’une procédure judiciaire, pour récupérer la caution de 600€ était incertaine et nous ne l’avons pas conseillée à nos adhérents. Soyez donc extrêmement vigilants au moment de l’état des lieux. Et méfiez vous de l’agence O.

Conseillers litiges, Association Locale 91 Nord


Le bon coin et Paypal : un tandem qui peut camoufler une belle escroquerie.

Voici mon histoire : je mets en vente un vêtement pas cher sur "Le bon coin. " Je reçois un SMS me demandant si le produit est toujours disponible d’une part, et de répondre par mail d’autre part, ce que je fais. L’interlocuteur me dit habiter dans l’est de la France et me demande si je peux lui envoyer l’article.. J’accepte s’il paie les frais d’envoi. Il me donne son accord pour un colissimo et dit me régler par paypal. Bizarrement d’ailleurs, les trois clients que j’ai ont le même profil, et habitent tous dans le nord ou l’est, et ont des affinités avec Paypal et Colissimo.

Si j’avais essayé de rappeler les numéros de portable, je serais tombé à chaque fois sur un message m’indiquant que la messagerie était saturée. Mais je ne l’ai fait qu’après… Je finis donc par ouvrir un compte Paypal, Je conclus avec la première cliente, expédie le colis et je reçois très vite un message de Paypal m’indiquant avoir reçu la somme demandée sur mon compte. Pour pouvoir le faire virer, il faut que j’envoie le scan du bordereau d’expédition.

J’ai quand même regardé sur mon compte Paypal qui affichait sereinement un solde de 0€, mais je me suis dit que la somme n’apparaîtrait qu’après l’envoi du scan auquel je procède illico. Et bien, pas du tout !

Le message suivant de Paypal m’indique que le compte de mon client est au Luxembourg et que pour effectuer le virement sur mon compte, il faut qu’il soit authentifié à l’international. Comment ? C’est très simple, il suffit d’acheter dans un tabac 3 coupons PCS d’une valeur de 150€ chacun et de leur transmettre des codes !

Peu après arrive fort à propos un mail de ma cliente qui m’assure avoir déjà viré les 450€ sur mon compte puisque tout est de sa faute car elle ne m’avait pas prévenu. Elle était très motivée pour payer 450€ afin d’effectuer un achat de 35€ ! Mais mon compte Paypal affiche toujours la somme de 0€…

En regardant d’un peu plus près l’adresse mail de Paypal, je m’aperçois qu’il y en a deux, avec une nuance : l‘authentique est service@paypal.fr, la frauduleuse est service @paypal.fr Un petit espace qui change tout...

Une rapide recherche sur google m’informe que l’arnaque est classique et que beaucoup se sont fait piéger en envoyant ainsi 450€. Commissariats et gendarmeries sont aussi au courant.

J’écris à Paypal, qui me rembourse spontanément les frais d’envoi. Je fais intercepter le Colissimo à partir du site internet de La Poste. Ce n’est pas tout à fait fini puisque le faux Paypal me menace de poursuites ! Ils peuvent toujours courir…ils n’auront jamais mes 450€. Ceci dit, j’aurais dû me douter que quelque chose clochait, car les mails de mes clientes étaient mal rédigés et plein d’incohérences.

J. LABARTHE